Réunion de la Commission des affaires parlementaires (Maurice, 2026)
Réunie à Port-Louis (Maurice), la Commission des affaires parlementaires a poursuivi ses travaux sur l’évaluation, l’éthique et la déontologie parlementaires face à la désinformation et à l’intelligence artificielle. Elle a également approfondi sa connaissance de la francophonie dans l’océan Indien.
Sous la présidence de Joël Godin, président de la Commission et député (Canada), la Commission des affaires parlementaires s’est réunie à Port-Louis (Maurice) du 8 au 10 avril 2026. Cette rencontre a rassemblé des parlementaires venus des quatre Régions de l’APF, puisqu’étaient représentées les sections du Cambodge, du Canada, de la Côte d’Ivoire, de la France, du Luxembourg, du Maroc, de Maurice, du Québec, du Sénégal et de la Suisse. Elle marquait la première réunion de l’APF à Maurice depuis 2013.
La réunion a été ouverte par Shirin Aumeeruddy-Cziffra, présidente de l’Assemblée nationale de la République de Maurice, présidente de la section mauricienne de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) et hôte de l’événement. Mme Aumeeruddy-Cziffra a d’abord présenté l’histoire tumultueuse de l’île, colonisée successivement par la France et la Grande-Bretagne et dont la devise est Stella Clavisque Maris Indici (l’étoile et la clé de l’océan Indien). Elle a souligné que la langue française a survécu à l’occupation britannique à travers la langue créole mauricienne, langue d’usage dans le pays et dont le vocabulaire est issu du français, principalement enrichie de mots malgaches, tamouls et anglais. Elle a aussi relevé que les lois en français en vigueur à Maurice sont amendées en français et coexistent avec des lois en anglais. Enfin, Mme Aumeeruddy-Cziffra a rappelé que c’est lors de la cinquième Conférence des chefs d’État et de gouvernement francophones réunis à Maurice en 1993 qu’on a arrêté de parler du français comme langue commune des pays francophones et qu’on a employé l’expression de pays ayant le français en partage.
Lors de la réunion de la Commission, la rapporteure québécoise Geneviève Hébert a animé un atelier visant à alimenter ses travaux sur la responsabilité éthique et déontologique des parlementaires face à la désinformation, dans un exercice de co-construction avec ses collègues. Nadia El Yousfi, rapporteure de la section Belgique/Wallonie-Bruxelles, a présenté les premières orientations de son projet de rapport sur l’usage de l’intelligence artificielle dans les parlements et les institutions publiques et a adressé un questionnaire aux sections présentes. Hussein Bourgi, vice-président (France), a, pour sa part, présenté l’avancée de ses travaux sur la promotion de la langue française en mettant en avant les bonnes pratiques en vigueur dans des parlements francophones.
À la suite du bilan des actions de coopération menées par l’APF en 2025, présenté par Daouda Sidibé (Côte d’Ivoire), vice-président, Marie France-Lalonde (Canada) a rappelé les attentes en matière d’évaluation des programmes formulées dans une résolution de l’APF en 2024. En outre, la Commission a entendu le rapport de Mamadou Lamine Diaité sur l’évaluation des politiques publiques au Sénégal.
Par ailleurs, la Commission a entendu l’Honorable Egbert Aglae, vice-président de l’Assemblée nationale des Seychelles, représentant de l’Assemblée parlementaire de la Commission de l’océan Indien, et Christian Ihariantsoa, coordonnateur de l’Unité de gouvernance de la Commission de l’océan Indien. Tous deux ont présenté la coopération dans l’océan Indien, en particulier au niveau parlementaire. En outre, Bibi Safeena Lotun, secrétaire générale de l’Assemblée nationale de Maurice, et Saseeta Ramsahye-Rakha, responsable des services numériques et de la télédiffusion parlementaires, ont présenté les outils d’intelligence artificielle employés à l’Assemblée nationale et leur apport au travail parlementaire.
Les membres de la Commission ont, enfin, échangé avec trois jeunes Mauriciens ayant participé au Parlement francophone des jeunes (PFJ) pour recueillir leur retour d’expérience : Selvana Moutien, Shahana Auhammud et Hicham Khamlichi. À l’issue, Joël Godin a proposé que cet échange avec des participants au PFJ devienne un rendez-vous régulier de la Commission lors de ses prochaines réunions.
Dans un contexte marqué par la montée de la désinformation, l’essor rapide de l’intelligence artificielle et les attentes croissantes des citoyens en matière de transparence publique, les travaux menés à Maurice ont confirmé le rôle essentiel des parlements francophones dans la protection de la démocratie, le contrôle de l’action publique et la modernisation des institutions.
La prochaine réunion de la CAP se tiendra à Yaoundé en juillet 2026, dans le cadre de la 51e session de l’APF, afin de poursuivre les travaux engagés sur la gouvernance démocratique, les bonnes pratiques parlementaires, en particulier en matière d’éthique et de déontologie, et la protection des lanceurs d’alerte.