Le Parlement gabonais renforce ces capacités en matière d’évaluation des politiques publiques avec l’appui de la Francophonie
Le Parlement gabonais renforce ces capacités en matière d’évaluation des politiques publiques avec l’appui de la Francophonie
Les 3 et 4 juin 2026, l’Assemblée nationale du Gabon a accueilli au Palais Léon Mba, à Libreville un séminaire d’informations et d’échanges consacré à l’évaluation parlementaire des politiques publiques.

Placée sous l’égide de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) avec le soutien de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), cette rencontre s’inscrit dans une dynamique de renforcement des capacités des institutions parlementaires et de modernisation de l’action publique. Elle s'inscrit également dans le contexte du renouveau institutionnel engagé au Gabon à l'issue de la transition politique conduite entre août 2023 et décembre 2025, période qui a permis la mise en place de nouvelles institutions et l'ouverture d'une nouvelle phase de consolidation démocratique.
La cérémonie d’ouverture a été marquée par le message-vidéo de Madame Amélia Lakrafi, Déléguée générale de l’APF, ainsi que par l’allocution de Roland Matsiendi, Quatrième Vice-président de l’Assemblée nationale et Président délégué de la section gabonaise de l’APF. Les intervenants ont souligné l’importance de l’évaluation comme levier d’amélioration continue de l’action publique et ont réaffirmé l’engagement de la Francophonie à accompagner les parlements dans le développement de cette fonction essentielle.
Les travaux ont réuni des parlementaires (120 députés et sénateurs), des experts nationaux et internationaux ainsi que des acteurs institutionnels engagés dans les questions de gouvernance publique. La première session a permis d’explorer les fondements et les enjeux de l’évaluation parlementaire des politiques publiques. Josh Osih, Questeur à l’Assemblée nationale du Cameroun, a présenté les conditions nécessaires à l’institutionnalisation de cette mission, notamment l’existence d’un cadre juridique adapté, de structures dédiées et d’une méthodologie rigoureuse.
Mamadou Yauck, Directeur des services de planification, de contrôle et d’évaluation des politiques publiques et Conseiller spécial du Président de l’Assemblée nationale du Sénégal, a pour sa part rappelé que l’évaluation constitue une démarche scientifique visant à mesurer les effets réels des politiques publiques au regard des objectifs poursuivis et des ressources mobilisées. Les échanges ont notamment mis en lumière l’importance de disposer d’indicateurs fiables et de renforcer les capacités techniques des acteurs impliqués.
Une deuxième session a été consacrée à l’expérience gabonaise en matière de suivi et d’évaluation des politiques publiques. M. Petit Lambert Ovono, Chef du département des évaluations des politiques publiques à la Présidence de la République gabonaise, a présenté les mécanismes progressivement mis en place au Gabon dans une logique de gestion axée sur les résultats et d’amélioration de la performance publique.
Enfin, la dernière session a permis un partage d’expériences entre les parlements du Cameroun, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire, représentée par M. Kouassi Jean-Claude Assi et du Gabon. Les participants ont pu échanger sur les dispositifs institutionnels, les méthodes de travail et les outils opérationnels mobilisés dans ces différents contextes.
À l’issue du séminaire, les participants ont recommandé la création, au sein des deux Chambres du Parlement gabonais, d’un groupe de travail chargé d’élaborer une feuille de route pour la mise en œuvre effective de la mission d’évaluation des politiques publiques. Ils ont également souhaité un accompagnement pluriannuel de l’APF pour la concrétisation de cette feuille de route ainsi que l’organisation de missions d’échanges auprès de parlements francophones disposant d’une expérience reconnue dans ce domaine.
À travers cette initiative, l’APF, l’OIF et le Parlement gabonais réaffirment leur engagement commun en faveur du renforcement de la gouvernance démocratique, de l’amélioration du contrôle parlementaire et de l’efficacité des politiques publiques au bénéfice des populations gabonaises.